U.S. Airforce Bases in Greenland / Bases aériennes US Groenland

  • On April 9, 1940, Nazi Germany, sweeping across Europe, occupied Denmark of which Greenland was then a colony. This immense ice-bound island offered considerable strategic potential as a necessary stopover either to raid the U.S. from Europe or conversely to transport equipment and supplies from the U.S. to England, and also as a meteorological observation station since the atmospheric conditions that determine the potential for air raids over Europe originate over Greenland.

    The Americans were then in an ambiguous situation: President Roosevelt wanted to enter the conflict, but Congress held him back. It took a year for the U.S. government and the Danish government-in-exile to sign an agreement, on April 9, 1941, making Greenland an American protectorate. Three days later Roosevelt declared Greenland part of the "American Defense Zone" and stated that the U.S. would prevent hostile forces from entering it. The first American soldiers landed on July 6 at Narsarsuaq in the southeast of the island and began construction of an airport that would be named Bluie West One, "Bluie" being the U.S. Army code name for Greenland. In total, the Americans built 14 "Bluie" bases in Greenland, including 4 airports that were used during World War II, the Korean War, and the Cold War. Only Bluie West 6 - Thule - a radio and weather station in the far North of the island, is still used by the United States. These bases were built and operated thanks to heroic efforts by ordinary soldiers in extreme climatic conditions: in winter, 6 hours of daylight per day, temperatures of minus 40 degrees, and winds blowing at over 120 km/hour. They played an important part in the Allied victory: up to 10,000 military aircraft transited through Greenland on their way to theaters of operation in Europe. The epilogue however is less glorious, particularly for Bluie East Two, a minor airport evacuated in 1947** and left as it was. The site is littered with the ruins of buildings and vehicles and 200,000 rusty barrels that the Greenlanders call "American flowers." These barrels contain toxic waste such as high lead content kerosene, and crates on the site are thought to contain dynamite. Since the agreements between Denmark and the U.S. lacked any provision for cleanup of the bases, the Greenlanders had to reach agreement on this issue with Denmark, which took 60 years (2017). The decontamination project began in 2019 and is expected to be very slow due to the extreme isolation of the location and the harsh climate. Bluie West One in Narsarsuaq is a happier story, today it’s the main airport for South Greenland. Narsarsuaq has a population of 158, mainly Inuit who have appropriated the site. The former base barracks built during the Korean War are now the Narsarsuaq Hotel, and a small museum preserves and explains the history of the place. Near the hotel is the Klubben bar/dance hall, opened in 1950 as the Ravens Roost officers club, where the Narsarsuaq community meets on Saturday evenings. The American presence did however leave some scars here too - a vast dump of barrels and equipment, and the ruins of a World War II military hospital lost in the wilderness. Rumors persist that it was used during the war to hide horribly disfigured soldiers from view. True or not, they resonate with the site’s forlorn appearance.

    *During the Cold War an additional base was built: "Iceworm," a demented project to develop a network of mobile nuclear missile launchers under the ice cap. It began in the greatest secrecy in 1960 under cover of the scientific study base "Camp Century" and was abandoned in 1966 because—who knew—the ice was not stable enough.

    **During the Cold War the U.S. military built a series of radar stations in Greenland, the Distant Early Warning Line, one of which -DYE 4- is located near Bluie East Two. But rather than refurbish the airport at Ikatek it was decided to build a new one at Kulusuk in 1956. The DYE ceased to be used in 1991, but Kulusuk Airport remains in operation for civil aviation.

  • Le 9 Avril 1940 l’Allemagne nazie qui déferle sur l’Europe occupe le Danemark, dont le Groenland est alors une colonie. Cette immense île glaciale offre un potentiel stratégique considérable: comme escale pour permettre des raids aériens soit depuis l’Europe sur les U.S. soit à l’inverse, comme point relais pour acheminer du matériel ou du ravitaillement des U.S. vers l’Angleterre, et enfin comme station d’observation météorologique car les conditions atmosphériques qui déterminent les possibilités de raids aériens en Europe ont leur genèse au dessus du Groenland.

    Les Américains sont alors dans une position ambiguë: le Président Roosevelt veut entrer dans le conflit mais le Congrès le retient. Il faut attendre un an pour que le gouvernement Américain et le gouvernement Danois en exil signent, le 9 Avril 1941, un accord qui fait du Groenland un protectorat Américain. Trois jours plus tard Roosevelt déclare que le Groenland fait partie de la « zone de défense Américaine » et que les U.S. entendent interdire que des forces hostiles s’y installent. Les premiers soldats Américains débarquent le 6 Juillet à Narsarsuaq, au Sud-Est de l’île, et entament la construction d’un Aéroport qui sera nommé Bluie West One, “Bluie” étant le nom de code de l’armée Américaine pour le Groenland. Au total les Américains construiront au Groenland 14 bases “Bluie” dont 4 Aéroports, qui seront utilisées durant la 2eme guerre mondiale, la guerre de Corée, et la guerre froide. Seule Bluie West 6 – Thule – une station radio et météo à l’extrême Nord de l’île, est encore en service pour les Etats Unis. Ces bases furent construites et utilisées au prix d’efforts héroïques par des soldats ordinaires dans des conditions climatiques extrêmes: en hiver 6 heures de lumière par jour, des températures de moins 40 degrés, et des vents soufflant à plus de 120 km/heure. Elles jouèrent un rôle important dans la victoire alliée: jusqu’à 10,000 avions militaires transitèrent par le Groenland vers les théâtres d’opérations en Europe. L’épilogue est toutefois moins glorieux, en particulier pour Bluie East Two, un aéroport d’importance secondaire abandonné tel quel par les Américains en 1947*. Le site est jonché de ruines de bâtiments et de véhicules, et de 200,000 barils rouillés que les Groenlandais appellent « les fleurs américaines ». Ces barils contiennent des déchets toxiques tels que du kérosène à haute teneur en plomb. Il s’y trouverait également des caisses de dynamite. Comme les accords entre le Danemark et les U.S. ne comprenaient pas de clause relative au nettoyage des bases, les Groenlandais ont dû s’entendre sur ce point avec le Danemark (dont ils dépendent encore administrativement) ce qui fut fait en 2017. Le projet de décontamination a démarré en 2019 et devrait nécessiter de nombreuses années en raison de l’isolement du lieu et du climat. Bluie West One à Narsarsuaq a connu un sort plus heureux, étant aujourd’hui l’aéroport principal pour le Sud du Groenland. Narsarsuaq compte 158 habitants, principalement des Inuit qui ont culturellement approprié le site. L’ ancienne caserne de la base construite durant la guerre de Corée est devenue l’Hôtel Narsarsuaq, et un petit musée conserve et présente l’histoire du lieu. Proche de l’hôtel se trouve le bar/dancing Klubben, ouvert en 1950 sous le nom de Ravens Roost, où la communauté de Narsarsuaq se donne rendez-vous le samedi soir. La présence Américaine a toutefois laissé des fantômes ici aussi, en particulier une vaste décharge de bidons et d’équipement, et les ruines perdues dans la nature de l’hôpital militaire de la seconde guerre mondiale au sujet duquel circulent encore des rumeurs selon lesquelles il aurait servi à soustraire aux regards les soldats trop horriblement défigurés. Vraies ou pas, elles amplifient l’aspect désolé du site.

    *La guerre froide y ajouta “Iceworm”, un projet dément de construction sous la calotte glaciaire d’un réseau mobile de lancement de missiles nucléaires, démarré dans le plus grand secret en 1960 avec pour alibi la base scientifique “Camp Century”, et abandonné en 1966 parce que - qui l’eut cru - la glace bouge.

    ** Pendant la guerre froide les U.S. construisent au Groenland une série de stations radar, la Distant Early Warning Line, dont l’une, la DYE 4, est proche d’Ikateq. Mais plutôt que de remettre la base en fonction, les U.S. construisent en 1956 un aéroport à Kulusuk. La DYE cessa d’être utilisée en 1991, mais l’aéroport de Kulusuk reste en fonction pour l’aviation civile.